Voici mon palmarès (Top 10) de l’année 2016. Rappelons que le choix est limité aux films distribués dans la ville de Québec en 2016. Certains films très prometteurs et déjà distribués dans quelques salles en Amérique du Nord ne prendront pas l’affiche à Québec avant 2017 (ex : Toni Erdmann, Silence, Sieranevada). De même, plusieurs films figurant dans ce palmarès datent de 2015, mais sont sortis à Québec en 2016.

Je n’ai pas vu : Les cowboys, L’hermine, Victoria

Mentions honorables : Moonlight, El hombre de las mil caras, The Revenant

  1. Nocturnal Animals (Tom Ford, États-Unis)

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« Les derniers seront les premiers ». Dans Nocturnal Animals, Tom Ford dramatise cette expression avec flair. Ce film hybride et hautement référentiel est surtout célébré pour son approche esthétique, mais il recèle un cœur qui bat très fort.

  1. Agassi/Mademoiselle (Chan-wook Park, Corée du Sud)

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Ce film grotesque et impie repose probablement sur le meilleur scénario de l’année. L’expérience est comblante : joie, tristesse, colère et malaise se côtoient parfois dans la même scène. Agassi fonctionne car il se permet tout pour confondre le spectateur.

  1. La La Land (Damien Chazelle, États-Unis)

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Envoûtant sans être racoleur, divertissant sans être abrutissant, touchant mais ne versant jamais dans le pathos, La La Land nous offre la résurrection du genre musical. Ce film n’est peut-être pas le chef d’œuvre que plusieurs annoncent, mais il témoigne de la maestria du réalisateur Damien Chazelle (révélé par Whiplash).

  1. Manchester by the Sea (Kenneth Lonergan, États-Unis)

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Le réalisme n’a jamais été ma façon préférée d’aborder les phénomènes en fiction. Mais Manchester by the Sea met en scène des personnages si vivants qu’il parvient à des moments aussi émouvants qu’authentiques. Il s’agit d’un rare film réaliste aussi puissant qu’il le prétend.

  1. The Lobster/Le Homard (Yorgos Lanthimos, Irlande)

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La société nous façonne-t-elle jusqu’à la chambre à coucher? L’amour véritable existe-t-il? Au fond, sommes-nous mieux seuls? Sans jamais oublier d’être une comédie absurde, The Lobster pose de bien grandes questions.

  1. Anomalisa (Charlie Kaufman, États-Unis)

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Avec sa radiographie d’une modernité qui laisse un goût triste et fade en bouche, Anomalisa se fait l’écho du cinéma d’Antonioni. Sans toutefois atteindre ces hauteurs, le film a le bon goût de rappeler que la tristesse est parfois dans le regard que l’on pose.

  1. Saul Fia/Le Fils de Saul (Laszlo Nemes, Hongrie)

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Aucun film cette année, sauf peut-être le #2 sur cette liste, n’aura fait un usage aussi habile de la suggestion. Nous avons la malheureuse habitude de l’oublier – et Saul Fia nous le rappelle – la violence la plus atroce est celle qu’on ne voit pas. Malgré sa cruauté, Saul Fia est un film sensible et lumineux.

  1. Hacksaw Ridge (Mel Gibson, États-Unis)

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Mel Gibson est de ces cinéastes qui ont encore l’âme et l’adresse à construire des héros. L’ennui, c’est qu’il pourrait encore nous faire attendre 10 ans avant sa prochaine perle. En attendant, ne laissons-pas notre méfiance pour la noblesse d’esprit ternir le lustre de son excellent film.

  1. The Witch/La sorcière (Robert Eggers, États-Unis)

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Voici un film qui a donné lieu à une utilisation virtuose des codes du film d’épouvante sans un seul compromis artistique. Par son examen original du sentiment religieux, The Witch est ce très rare film qui nourrit aussi certainement qu’il effraie.

  1. El abrazo de la serpiente/L’étreinte du serpent (Ciro Guerra, Colombie)

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Il est bien dommage que Serpiente soit passé inaperçu, puisque beaucoup auront raté le seul grand film de l’année 2016 – du moins, le seul qu’il vaudra la peine de réécouter dans cinq ou dix ans. Cette merveille est le carrefour d’un propos transcendant, d’une esthétique prodigieuse et d’une sagesse perdue.

Jeffrey Henry

Jeffrey Henry est doctorant en psychologie. Sa thèse porte sur l’émergence de la personnalité psychopathique à l’enfance. Son parcours académique est tout à fait étranger à son intérêt pour le cinéma et la fiction en général. Ces temps-ci, Jeffrey tente d’aménager raisonnablement les composantes de ce curieux paradoxe.