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Il y a trois ans, tout près de chez moi, un petit festival de cinéma voyait le jour. L’idée était simple : tenter de décentraliser les festivals de films du centre-ville de Montréal dans un arrondissement qui connaît un certain renouveau depuis quelques années : le Sud-Ouest. Comme le magnifique et bien établi Regard sur le court métrage au Saguenay, plusieurs programmes de courts métrages mixtes, rassemblant une majorité de films québécois et certaines trouvailles internationales, ont été soigneusement préparés. Si le festival est encore jeune, il a connu une croissance exponentielle et le public est au rendez-vous. Plusieurs réalisateurs sont d’ailleurs dans l’assistance et répondent aux questions après les projections lors d’une séance plénière. Même si quelques petits accrocs dans l’organisation sont encore présents, l’ambiance est décontractée et le plaisir est au rendez-vous.

Évidemment, comme cela est toujours le cas avec les festivals de courts métrages, il est rare d’être enchanté par un programme au complet. Si certains sont excellents dans l’ensemble, il y a bien souvent un ou deux courts douteux. Heureusement, règle générale, les programmes s’en tirent toujours avec quelques trouvailles absolument savoureuses. Après tout, le plaisir vient de la diversité et si un court métrage n’est pas franchement bon, ce n’est qu’un court moment à passer (qui parfois semble d’une éternité paradoxale). J’ai pu assister au programme 4, dans lequel j’ai particulièrement apprécié les films Alpacas de la finlandaise Anastasia Lobkovski, présentant une amitié peu probable entre la fille d’un sculpteur de glace et une adolescente se prenant pour la reine des neiges. En outre, Une bombe de Guillaume Harvey joue avec la nostalgie et présente un portrait amusant et sincère de l’adolescence, qui n’est pas sans rappeler Prank de Vincent Biron. Dans un registre beaucoup plus dramatique, mais sans trop basculer dans le pathos dégoulinant, Sans mot d’Alexis Fortier-Gauthier a su provoquer quelques réactions favorables dans la salle. Or, puisque dans chaque sac de belles carottes il y en a toujours une toute fendue et desséchée, ce programme ne fait pas exception. En témoigne le film beaucoup moins convaincant Ari, bourré de lieux communs et de détours narratifs peu heureux. Mais quelle surprise : c’est un film qui sort de l’INIS. Outre ce petit accroc (il y en a toujours; ce qui nous permet de mieux apprécier les autres films), la sélection demeure intéressante et espérons que ce festival saura permettre au public de faire des découvertes cinématographiques fascinantes, un petit film à la fois.

Pour tous les détails : http://www.longuevuesurlecourt.com/

Maxime Labrecque est doctorant et chargé de cours au département d’études cinématographiques de l’Université de Montréal. Ses recherches portent principalement sur le phénomène du film choral, dans une perspective interdisciplinaire. Il est membre de l’AQCC et rédacteur pour la revue Séquences et Le Quatre Trois depuis quelques années. En 2015, il a été membre du jury au Festival du Nouveau Cinéma et à Fantasia

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