MonAmiDino

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S’il y avait un quelconque espoir derrière Mon ami Dino, le plus récent film de Jimmy Larouche, c’était celui de voir ce dernier enfin délaisser des sujets difficiles (l’intimidation dans La Cicatrice, le viol dans Antoine et Marie) qu’il est absolument incapable d’aborder. Dans le cas ci-présent, il s’intéresse plutôt à la vie de l’acteur Dino Tavarone, son passé, sa carrière et son présent, dans un jeu de réalité-fiction. Un petit projet tranquille, et pourtant on se rend vite compte qu’il y a quelque chose qui cloche.

Même débarrassé de sujets lourds et réduit à une simple réalité, Larouche fait encore preuve d’un grave manque de tact et de maîtrise par rapport aux autres, particulièrement dans ses interventions derrière la caméra. L’entourage de l’acteur semble renfermé dans leurs dialogues, concentrés sur des banalités et des anecdotes répétées, comme si ceux-ci n’étaient pas à l’aise devant la caméra ou un tournage rapide. Ce qui devrait être désinvolte et léger se révèle contrôlé et mécanique, construit à l’entour de scènes qui manquent de spontanéité et d’espace.

Puis il y a cette maladie étrangement vague, prenant de plus en plus de place. On ne nous dit jamais de quelle maladie il s’agit; même les visites chez le docteur, un environnement où l’ambiguïté n’aurait pas sa place, donnent peu de précisions ou d’informations concrètes. L’idée morbide nous vient alors en tête : ce docu-fiction sur notre ami Dino ne serait en fait qu’un film de maladie incurable. Un film qui se vautre dans de bonnes intentions aveugles et des réflexions du moindre effort. Le piège se referme ainsi sur nous, et même avec le peu d’attentes qu’on avait, on a le sentiment de s’être (encore) fait avoir.

Vincent étudie à l’Université de Montréal après avoir survécu à la banlieue de Québec, non sans séquelles. S’il est fou, il est fier de l’être.