Indignation

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Marcus est un jeune Juif, fils de boucher du New Jersey qui entame ses études dans une université de l’Ohio. C’est un garçon plutôt réservé, peu enclin à se lier d’amitié avec ses collègues juifs, bien qu’on ne cesse de l’encourager à le faire. Il sera plutôt tenté de se rapprocher d’une jeune fille au passé trouble qui, après un séjour à l’hôpital suite à une tentative de suicide, se retrouve à étudier avec lui. S’en suivra un rendez-vous romantique aboutissant à une fellation qui l’est un peu moins. Cette relation chamboulera la vie de Marcus qui n’était déjà pas très simple. Indignation tournera davantage autour de cette histoire d’amour un peu boboche que quelconque forme de réelle indignation, malgré certains éléments scénaristiques lourdauds qui tentent de démontrer les graves conséquences de toutes les pressions sociales qui seront exercés sur les deux jeunes.

Réalisé par James Schamus, producteur de métier, le film prend des allures de téléthéâtre filmé à la va-vite en grand angle dans un décor lustré qui ne représente probablement pas si bien l’époque dépeinte – le début des années cinquante. Le film est monté comme un ensemble de petites scénettes dans lequel chaque plan s’enchaine souvent très mal avec celui qui suit. Les mauvais raccords de lumières et le scénario aux montants qui dépassent feront sans doute hausser les sourcils des cinéphiles assidus, mais ces défauts ne seront probablement pas assez visibles pour empêcher « le grand public » de passer un bon moment.

Au final, on reste sous l’impression que le roman de Philip Roth duquel le film est adapté doit être plutôt plaisant à lire vu le potentiel très bien caché que recèle le scénario, mais le livre n’est définitivement pas tombé entre les bonnes mains pour vraiment aboutir à ce qu’on pourrait définir comme un bon film, ni même comme un produit cinématographique à proprement parler… Soulignons tout de même le talent des acteurs, notamment celui du dramaturge Tracy Letts dans le rôle du recteur de l’université qui aura su, malgré tout, nous arracher quelques sourires.

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