Bien humblement, je dois avouer que 2015 n’a pas été une année faste côté visionnement de films. Ainsi, composer un top 10 fut un exercice quelque peu ardu, étant donné que je n’ai pas pu voir de nombreux films incontournables. Parmi ceux-ci, mentionnons Carol, Diary of a Teenage Girl, The Hateful Eight, Straight Outta Compton, Sommeil d’Hiver, Leviathan

Cela dit, je crois avoir tout de même rassemblé dans ce palmarès des œuvres qui m’ont marqué, d’une manière ou d’une autre. Espérons que plusieurs d’entre elles passeront l’épreuve du temps.


 

10. A Most Violent Year – J.C. Chandor

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Un film «d’époque» qui n’est pas sans rappeler certains films de Scorsese dans les années 80. Une trame narrative soutenue et inquiétante, une direction artistique convaincante et un jeu d’acteurs solide et poignant.


9. Ex Machina – Alex Garland

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Un huis clos prenant, un film de science-fiction nouveau genre, qui questionne le rapport humain/machine par des entretiens tantôt émouvants tantôt intrigants. Une grande année pour Oscar Isaac, qui s’est métamorphosé plusieurs fois, toujours à la hauteur des rôles qu’il endosse.


8. Clouds of Sils Maria – Olivier Assayas

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Parce que je ne croyais pas un jour voir un film où Kristen Stewart pouvait être juste. Elle incarne à la perfection l’assistante branchée et quelque peu lasse qui gère l’agenda de Juliette Binoche avec une désinvolture rarement observée. Même si la fin était prévisible, les dialogues et quelques scènes mémorables valent le détour. Un film où le sentiment d’insécurité est exploré de façon magistrale.


7. Youth – Paolo Sorrentino

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Paolo Sorrentino est un réalisateur que j’apprécie grandement. Depuis Il Divo en 2008, en passant par La Grande Bellezza, il possède le don de faire parler les images et sa mise en scène est impeccable. Youth se déroule sur quelques semaines, dans une retraite alpine, où deux vieux amis discutent du passé et de l’avenir. Quelques autres clients de l’hôtel, à un tournant de leur vie, amènent d’intéressantes discussions sur la table. Touchantes performances de Rachel Weisz, Michael Caine, Jane Fonda et surtout Harvey Keitel.


6. The Look of Silence – Joshua Oppenheimer

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Après le bouleversant The Act of Killing, qui avait été le film qui m’avait le plus marqué en 2013, Joshua Oppenheimer revient à la charge avec un autre documentaire qui lève le voile sur les massacres commis dans les années 60 en Indonésie. Moins flamboyant que son précédent film, The Look of Silence adopte néanmoins une approche plus personnelle et tout aussi touchante.


5. Force Majeure – Ruben Östlund

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Une belle surprise. Un film simple, où une catastrophe évitée de justesse dans un hôtel alpin bouleverse une famille pendant quelques jours. Une mise en scène sobre qui permet de se concentrer sur la crise sentimentale que vit le couple en vacances. Plusieurs malaises, des pleurs, des discussions poignantes et des malentendus parsèment ce superbe film.


4. El Club – Pablo Larrain

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Prenez des prêtres et une sœur catholique qui ont commis certains péchés, isolez-les dans une retraite pendant quelques années et ils développeront un sentiment de communauté particulier, où les bonnes intentions masquent un lourd secret. Sur fond d’enquête policière, ce huis clos (il y en a plusieurs cette année) propose de délicieuses scènes et mène le spectateur dans un périple où la religion en prend un sacré coup.


3. Les Démons – Philippe Lesage

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Superbe film de Philippe Lesage, qui suit les peurs tantôt fondées tantôt nourries de légendes urbaines d’un jeune garçon de banlieue. D’une justesse rarement vue ces dernières années, ce film propose plusieurs amorces de récit qu’il abandonne en cours de route, déjouant ainsi les attentes des spectateurs.


2. Mad Max : Fury Road – George Miller

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Un film enlevant, où le rythme effréné du montage provoque des palpitations aux spectateurs avides d’action dans ce reboot d’une franchise à la qualité douteuse et inégale. Or, ici, la direction photo tout en contrastes, la musique rock et les décors grandioses contribuent au succès de ce film envoûtant et électrisant.


1. The Forbidden Room – Guy Maddin et Evan Johnson

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Voilà un bel exemple de cinéma « brut », où les sensations pures sont plus importantes que la compréhension d’un récit quelconque. Ce n’est pas un cinéma cérébral, mais tout ce qu’il y a de plus ludique, foisonnant de références et de procédés hautement appréciables. À voir absolument, pour le plaisir visuel, narratif et musical et pour l’expérience cinématographique et sensorielle que ce film propose.

Maxime Labrecque est doctorant et chargé de cours au département d’études cinématographiques de l’Université de Montréal. Ses recherches portent principalement sur le phénomène du film choral, dans une perspective interdisciplinaire. Il est membre de l’AQCC et rédacteur pour la revue Séquences et Le Quatre Trois depuis quelques années. En 2015, il a été membre du jury au Festival du Nouveau Cinéma et à Fantasia

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