The Hunger Games (2)

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Si The Hunger Games: Mockingjay – Part 1 avait tout d’un film de transition avec ses longueurs dans le récit et son rythme lent, la deuxième partie ne déroge pas beaucoup de ces mêmes lacunes. L’histoire commence là où la première partie l’avait laissée, avec Katniss Everdeen qui est bouleversée par l’état de Peeta, celui-ci démoli émotivement et physiquement par le Capitole. Les districts sont en pleine rébellion et une guerre violente se prépare. Katniss s’engage à retrouver le président Snow dans le but de le tuer et, du même coup, venger Peeta et anéantir la dictature et la terreur qui règnent sur Panem depuis longtemps. Dans ce dernier volet de la saga, on fait face à une arène à plus grande échelle, avec des pièges et des ennemis cruels, dans laquelle les proches de celle qu’on considère comme le visage de la rébellion tombent comme des mouches. Outre le combat contre le Capitole et son président, Katniss fait face à des choix moraux dont les répercussions seront sans précédent dans sa vie et pour les gens qui l’entourent.

Alors que le premier volet présentait un environnement teinté de claustrophobie dans les souterrains du District 13, le deuxième met en scène de plus grands espaces. L’atmosphère terreuse, statique et protectrice du sous-sol laisse place à un monde meurtrier, peuplé d’édifices imposants où règne un éclairage bleuté et éblouissant. Malgré le contexte de guerre, avec ses pièges et ses dangers constants, le récit est lent et essoufflé, ennuyeux par instants. Même les personnages secondaires manquent d’ardeur et de conviction. Ils sont comme fatigués de n’être que des pions ayant le mandat d’apparaître sporadiquement et maladroitement aux côtés du personnage principal. Les doses d’action et de bavardage sont déséquilibrées, faisant de certaines scènes un simple étalage d’émotions qui n’ajoutent rien au récit, si ce n’est que de l’étirer avec acharnement. C’est à se demander, encore une fois, qu’elle était la pertinence de faire la finale de cette saga en deux parties. Un seul film solide et resserré aurait été préférable à deux films inconstants et faibles.

Tout ce bavardage dans le scénario permet toutefois de réfléchir sur la guerre et ses enjeux, mais surtout sur sa nécessité dans un monde en pleine crise sociale. De ce questionnement émanent des réflexions plus grandes sur le pouvoir et la corruption, sur la mort et sur la capacité à se reconstruire après la violence. Le travail de ces éléments donne une ampleur et une richesse au film, tout en l’inscrivant dans un propos universel et actuel. Le problème demeure que les volets précédents servaient déjà à poser ces questions, afin de préparer une finale qui aurait dû être plus soutenue, mieux dirigée et, surtout, plus spectaculaire.

Dans le film du réalisateur Francis Lawrence, la direction artistique réussit à créer un univers unique et attrayant. Les scènes d’action, bien qu’elles soient peu nombreuses, sont impressionnantes, il faut en convenir. La plupart des évènements du dernier livre de la trilogie de Suzanne Collins s’y trouvent, même ceux qui nous apparaissent futiles. Mais tout ça se présente comme un enfilage de scènes dénué d’un fil conducteur solide et coulant. Au lieu de se rappeler de cette finale tant attendue, on se rappellera plutôt du premier film de la saga, qui avait le mérite d’être plus rafraîchissant, plus brut et plus enlevant. Le seul qui n’a pas été réalisé par Lawrence, finalement.

Isabelle Dion

Isabelle Dion fait présentement une maîtrise en cinéma à l’Université Laval et s’intéresse aux représentations queer dans le cinéma de Pedro Almodóvar et de Gregg Araki. Elle participe également à un projet de recherche portant sur la figure du cyborg dans l’œuvre de Lynn Hershman Leeson (dirigé par la professeure Julie Beaulieu).