Déjà une semaine depuis le début du festival. Jusqu’à maintenant je m’en sors. Une seule grosse déception (Bridgend). À part ça, j’éprouve un certain plaisir à découvrir ces différents univers filmiques que je n’oserais approcher à d’autres moments de l’année. Résumé des derniers jours :

Vu trois films jeudi et vendredi. Tout d’abord l’excellent The Office, film thriller d’horreur et d’action coréen sur l’aliénation par le travail et la tyrannie de la performance. Très intéressant, bien fait et enlevant. Ensuite un « action packed movie » ougandais hilarant, principalement grâce aux commentaires de son « video joker » qui fait toutes sortes de blagues et de bruits pendant que s’enchaîne une série d’évènements filmés à très petit budget. Aussi, Assassination Classroom, du gros n’importe quoi. Un smiley tentaculaire qui vient de détruire la lune menace de s’attaquer à la terre, mais avant décide d’aller enseigner à une classe de jeunes cancres l’art du meurtre en espérant que ces derniers seront capables de le tuer avant la fin des classes (et du monde).

Passé une excellente journée lundi avec trois films rafraichissants et divertissants à souhait : Goodnight Mommy, A Hard Day et Børning. Grâce à ces deux derniers, j’ai l’impression d’avoir fait, en moins de quatre heures, mon cardio pour l’année. Mon cœur s’est arrêté avant de recommencer à battre à tout rompre à plusieurs reprises au courant de ces deux films. Le premier des trois n’était pas mal non plus. Bien que peu confortables, les salles de Concordia offrent une très bonne qualité sonore. Parfait pour améliorer l’expérience des films d’action et de grosses cylindrées.

Goodnight Mommy

Le film raconte l’histoire de Elias et Lukas, deux jeunes frères qui retrouvent leur mère qui se faisait soigner pour causes de brûlures au visage. Son comportement fait peur aux enfants qui ne reconnaissent pas leur «mamy» et commencent à devenir paranoïaques face à la persécution de leur mère qui du même fait se sent persécutée par ses enfants évasifs. Coréalisé par Veronika Franz et produit par Ulrich Seidl, la première étant la scénariste de plusieurs des films de se dernier, Goodnight Mommy (En allemand Ich seh, Ich seh i.e. Je vois, je vois), est un film qui emprunte beaucoup d’éléments au film d’horreur, au niveau des thématiques comme l’enfance trouble. Quelques accessoires n’emmènent pas grand-chose au récit, comme la présence de cafards élévés par l’enfant ou encore un prête et son sacristain qui a l’air un peu lent d’esprit. Bien que le film soit très loin de réinventer la roue, le scénario est très bien construit et au niveau esthétique le réalisateur se retient d’en beurrer trop épais la majeure partie du temps. On aurait préféré une fin un peu moins acerbe que celle qu’on nous sert, mais j’imagine qu’elle représente quand même quelque chose de joyeux en terme de fin de film autrichien…

A Hard Day

Thriller haletant racontant l’histoire d’un policier corrompu qui, pendant les funérailles de sa mère, se retrouve à avoir un important problème à régler après que des agents commencent à enquêter sur son unité. Comme si ce n’était pas assez, il heurte un homme en conduisant et se retrouve obligé de le cacher dans sa voiture puis d’en disposer rapidement lorsque les enquêteurs s’apprêtent à la fouiller. S’en suivront de péripéties toutes plus intenses les unes que les autres. On ne peut qu’applaudir les qualités de la réalisation, le jeu d’acteur et surtout le scénario de ce film très habilement construit, malgré quelques incongruités assumées. Je n’ose pas trop en parler, mais je vous invite fortement à le découvrir.

Børning

Roy, un mauvais père de famille (éclatée), pour qui l’amour de la course automobile passe avant tout, s’engage dans une course d’enfer, de Oslo à Nordkapp contre son ennemi juré et des dizaines d’autres automobilistes, certains amis et d’autres ennemis, comme les méchants suédois qu’on ne voit jamais, mais on peut bien se les imaginer comme ressemblant à des trolls en se fiant à la description qu’en font les Norvégiens. La fille de Roy qui est de passage chez lui pour deux semaines et qui est complètement ignorée par son père réussira à s’immiscer dans la voiture de son père et profitera du long voyage pour renouer avec lui.

En terme de road movie, on est plus dans la parodie de Fast and Furious que dans un registre à la Two-Lane Blacktop. Børning est un film dans lequel on peut se planter en voiture à 140km/h et s’en sortir avec une épaule disloquée ou une perte d’eaux lorsqu’on est enceinte. Un film dans lequel après une cascade extraordinaire on se dit que ça serait bien de manger des gaufres. Il reste que cette succession de blagues qui regroupe le pire de la comédie hollywoodienne et française est un délicieux amas de clichés ridicules qui ne font qu’agrémenter l’expérience.