Omid, un jeune soldat iranien en permission retourne à la maison familiale. Il retrouve son grand frère, Majid, qui avait pris en main les finances de la famille, s’est retrouvé sans le sou et a fait perdre la maison familiale qui s’apprête à être reprise par la banque. Celui-ci sera très évasif quant à l’état des finances de la famille lorsqu’il sera interrogé par Omid. Leur père, qui s’était porté garant de Majid, passe la journée au palais de justice à une audience pour répondre des dettes de son fils au grand dam de la mère de la famille qui aurait souhaité que le père n’ait pas à subir un tel procès. Au même moment, Sara, la sœur d’Omid, attend un homme qui a réussi sa vie en Allemagne venant la demander en mariage. La famille tentera de lui cacher le secret de la faillite. Nous apprendrons entre-temps qu’elle fût déjà mariée auparavant et qu’une partie des problèmes financiers de la famille est due au fait qu’on lui a payé une opération pour qu’elle retrouve sa virginité.

Le film se déroule en quelque sorte comme une pièce de théâtre dans laquelle un malheur n’attend jamais l’autre. La caméra ne quittera presque jamais la maison familiale et le récit avance au rythme des différentes visites que la famille recevra. Pour commencer, ce seront les autorités et la banque qui voudront prendre possession de la maison après trois mois de non-paiement de dettes. Ensuite ce sera une collègue de Hajedah, la mère de la famille, qui vient lui demander où sont passées ses économies qu’elle avait placées sous sa responsabilité dans le coffre de l’organisme de charité qu’elles gèrent ensemble. Arrivera ensuite Sara et son amie Khatereh qui semble conspirer contre la famille, puis la grand-mère qui arrive et fait tout un drame de ce qui se passe, elle qui n’avait même pas été mise au courant du divorce de sa petite fille. Puis enfin l’ex-mari de Sara qui viendra lui aussi faire son tour pour en rajouter aux malheurs de la famille.

La construction du récit est ponctuée d’une tension dramatique très bien ficelée, agrémentée de moments loufoques qui donnent au film un ton assez léger. Mehdi Rahmani, le réalisateur, joue avec quelques objets de façon récurrente comme une échelle chambranlante qui sert à de multiples tâches et qui nécessite l’aide d’un acolyte pour rester bien en place, mais les personnages oublient souvent de la tenir ou vont même jusqu’à s’accoter sur celle-ci alors que Omid se trouve dessus. On peut probablement y voir une métaphore de la cellule familiale qui se désagrège par inconscience et égoïsme. On aurait bien aimé un coup de théâtre à la fin de ce huis clos qui obligerait les personnages à être confrontés à leurs problèmes et à les affronter plutôt que de les fuir comme toujours, mais le spectateur est malheureusement laissé sur sa faim, le réalisateur finissant son film par une énième fuite. Il fallait bien que tout change pour que tout reste pareil pour paraphraser di Lampedusa. C’est peut-être aussi ce que Rahmani cherchait à montrer en faisant ce film où tous les personnages ne savent que fuir, ayant tous atteint une sorte de point de non-retour.

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