Jacques (Johnny Hallyday) est un salaud de première. Il est père de quatre salopes nées de quatre mères différentes et elles aussi salopes. Il abandonne sa dernière femme à Paris pour emménager dans un domaine près des Alpes françaises que son statut d’ancien photographe de guerre réputé lui permet de s’offrir. Il rencontre une femme (seul et unique personnage du film qui n’est pas un bourgeois demeuré) et est visité par la famille de son meilleur ami et médecin. Il semble posséder tous les éléments nécessaires pour être heureux, mais ses filles lui manquent. Son ami décide donc de les appeler sans l’en avertir et leur dit que Jacques est très malade et mourra bientôt. Elles se précipitent alors toutes chez lui. Toutes sortes de développements rocambolesques et stupides mèneront Jacques à faire la pire saloperie possible. En fait, les liens de causalités le menant à son acte sont vraiment flous; ses raisons sont vraiment idiotes si elles en sont. Au final, il est le pire des salauds, mais il ne peux s’en empêcher et elles, elles l’aiment et n’y peuvent rien.

À travers une série de raccourcis scénaristiques plus biscornus les uns que les autres, Lelouch nous emmène dans une myriade de directions avec ses multiples personnages souvent très mal dirigés, non nécessaires et/ou faisant l’apologie de choses complètement condamnables au nom d’un « amour » embourgeoisé retourné sur eux-mêmes. Selon Jacques, l’amour c’est rester avec quelqu’un jusqu’à ce que l’on trouve mieux. Son malheur face à l’absence de ses filles au début du récit semble davantage dû à son complexe de mauvais père plutôt qu’à un amour véritable. Son personnage s’apparentera à celui d’Alain dans De rouille et d’os, mais plutôt que de vivre une sorte que choc révélateur qui le fera devenir un tout nouvel homme, il s’enfoncera encore plus dans la couardise et sa famille l’en excusera bêtement. La situation était déjà risible dans le film d’Audiard, mais ici la résolution dramatique du récit est simplement abjecte.

Au plan technique, le film est présenté sous une forme très classique avec un traitement sonore qui semble se vouloir ludique, mais qui au final n’est que d’un ridicule sans fin, comme des sons de combats faisant référence aux expériences de guerres passées du personnage au début du film ou le bruit d’une ambulance qui a été collé de manière jobarde sur la bande-son au moment où la femme de Jacques apprend qu’il la quitte.

Ridicule, certes, mais c’est surtout au point de vue du scénario que le film écœure avec ses métaphores grotesques et ses dialogues inénarrables. Présent à la projection du film, le réalisateur semblait dire qu’il souhaitait faire avec ce film un hommage à la famille, au pardon et à l’amour, mais au final, on se retrouve plutôt devant une apologie de l’imbécilité humaine et d’un immobilisme d’une dégeulasserie extrême. Tout ça présenté sous le voile très mal tissé d’une sorte de fable (dé)moralisatrice d’une ignominie impardonnable.

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