Demandez à vos ami(e)s gais, lesbiennes, bisexuel(le)s : les films traitant d’amour entre personnes du même sexe revêtent très souvent un look de série B. Nombreux sont les films de mauvaise qualité qui suscitent tout de même un intérêt vu la nature de leur sujet. Parce que ça fait du bien parfois de regarder une histoire d’amour qui nous ressemble plus que celles qu’Hollywood nous sert trop souvent.

Heureusement, au fil des ans plusieurs films de qualité portant sur une thématique gai ou queer ont été réalisés tant par des cinéastes eux-mêmes homosexuels ou non.

Nous vous proposons donc une petite liste de films fort intéressants qui on l’espère vous ferons découvrir des univers intrigants, intelligents, drôles, fascinants, bref vous faire oublier qu’ils ne sont pas QUE des films gais.

Tout d’abord mes choix et ensuite ceux de mes collègues, gais ou non, qui se sont d’ailleurs empressés de me livrer leur coup de cœur.

 

Saving Face (2004), d’Alice Wu

Charmante comédie romantique offrant une savoureuse incursion dans le quartier chinois de New York. La présence de Joan Chen bonifie la distribution déjà bien talentueuse.

Imagine me and you (2005), d’Ol Parker

Une comédie romantique typique racontant l’histoire d’amour entre deux jeunes femmes londoniennes, une lesbienne; l’autre pas. Les situations cocasses se succèdent et le charme anglais fait son œuvre. Il est aussi intéressant de voir deux personnages masculins hétérosexuels côtoyer les personnages féminins, ce qui est plutôt rare dans ce genre de film où on leur laisse généralement peu de place.

Kiss me (2011), d’Alexandra-Therese Keining

Sensible et envoutant. Une histoire d’amour et de désir interdit transportée par une magnifique lumière scandinave.

La vie d’Adèle (2013), d’Abdellatif Kechiche

Palme d’or à Cannes en 2013 (en pleine manifestation monstre en France contre le mariage gai).  Un film magnifiquement absorbant qui vous prend par la main, vous embrasse, vous passionne et vous déchire. Tous les sens du spectateur sont tour à tour interpelés. Si les journalistes ont trop parlé de LA scène de sexe, ce film est beaucoup plus que ça.

Weekend (2011), d’Andrew Haigh

La rencontre entre deux personnages la plus réaliste qu’il m’ait été donnée de voir au cinéma. Un film qui bouscule par sa simplicité. Les deux acteurs sont d’un naturel déconcertant et la mise en scène se veut très discrète.

High Art (1998), de Lisa Cholodenko

Ally Sheedy personnifie une talentueuse photographe s’étant retiré du monde artistique en pleine gloire. Radha Mitchell, une jeune éditrice dans un magazine de photographie. Leur fascination mutuelle se transpose dans chacune des images qui semblent avoir été cadrées comme si chaque plan était un photographie ou un cliché pris sur le vif : un esthétisme cru, parfois sale qui rappelle fortement Nan Goldin. Des performances d’actrices étonnantes dans un univers de peu de mots où les silences et la contemplation des corps prédominent.

 

TV

Queer as Folk (2000-2005)

Une série américaine adaptée du succès britannique se déroulant à Pittsburgh. Rien de glamour, mais la vie du groupe d’amis est loin d’être ennuyeuse. Même si le personnage gai est arrivé bien avant celui lesbien à la télévision surtout dans le rôle du meilleur ami, nous l’avons rarement vu comme étant le personnage principal. Par contre, cette série dépeint le quotidien d’un groupe de gais fort attachants, parfois dans les clichés, parfois auto-dérisoire mais toujours hautement divertissant.

 

Choix de Jason

Tropical Malady (2004), d’Apichatong Weerasethakul

L’amour comme une fièvre autant enivrante que débilitante, à l’orée d’une jungle sauvage où un amant ira disparaître (ou se perdre).

 

Choix de Maxime

Shortbus (2006), de John Cameron Mitchell

Parce qu’il y n’a rien de mieux qu’un film choral pour représenter la diversité, qu’elle soit sociale, culturelle ou sexuelle! Même si cette forme narrative peut parfois devenir réductrice et déboucher sur un film moralisateur, JCM nous offre une vision kaléidoscopique qui évite les clichés. C’est un portrait parfois cru mais réaliste de toute une faune new-yorkaise, avec ses déboires sexuels et amoureux.

 

Choix d’Emmanuel

Querelle (1982), de R.W. Fassbinder

Pour sa photo orangée qui transpire le sexe, ses marins suants, la violence des quais et cette lame de salive lors d’un « échange » costaud entre deux hommes virils.

 

Choix de Louis-Augustin

Tomboy (2011), de Céline Sciamma

Portrait naturaliste et formellement signifiant d’un enfant caché dans la forêt des genres.

 

Choix d’Isabelle

Mysterious Skin (2004), de Gregg Araki

Un portrait cru et déconcertant de la jeunesse perdue, errante, qui s’étiole dans la tristesse du quotidien. Une recherche identitaire douloureuse qui suinte de mélancolie comme de la sueur sur la peau.

 

Choix de Vincent

Blue (1993), de Derek Jarman

À travers son œuvre punk et excentrique, Blue est sûrement le film le plus simple et le plus avant-gardiste de Derek Jarman; le testament d’un cinéaste qui devient progressivement aveugle, un film tragique et saisissant (Jarman mourra des suites du SIDA huit mois après la sortie du film, le 19 février 1994).