Womb. L’utérus, la matrice, les entrailles. La mère, et la mer : bleue. Un film océan. Un film qui, malgré ses couleurs glacées omniprésentes, irradie. Oui, il y a le clone. Oui, il y a la menace de l’inceste, latente. Mais ce que j’en retiens, c’est le bleu. La chaleur brûlante du bleu.

Le bleu, c’est le rêve. Celui d’une femme, Rebecca, qui perd son ami d’enfance. Son amoureux d’enfant adulte. Et qui ne peut le laisser partir. Elle le portera, le rêve. Et portera cette présence comme un fardeau. Lourd. En silence. Le bleu, c’est l’infini. L’immortalité. C’est Tommy qui (re)vit par et à travers Rebecca. C’est le ressac de la mer près de leur maison sur pilotis qui roule sur le sable, sans cesse. L’infini, c’est aussi l’absence de frontière.

Le bleu, c’est l’introspection. C’est la pureté qui mène au calme intérieur. La couleur des profondeurs de l’âme. C’est le drame de Rebecca. Auquel elle doit faire face chaque jour. Le bleu, c’est la vérité. C’est ce qu’on ne peut cacher dans la limpidité. Ce qui refait surface quand on voudrait l’enterrer dans le sable humide. Le piétiner. Le bleu, c’est la source, les origines. La mer, la transparence. Qui nous étouffe quand il y en a trop.

Womb, c’est l’Œdipe nouveau genre.

Womb est un film magnifique.

Il abat les barrières d’un sujet tabou — le clonage — en le rendant humain. Et à la limite de l’acceptable. Womb nous met devant la question de la justice. La question de la tolérance. La question de l’amour. L’inconditionnel. La question du qui suis-je. Où vais-je. Womb nous pose en tant que philosophes. Et le fait par détails, par gros plans. Une loupe sur les doigts d’un vieillard, un escargot qui, lentement, découvre une nouvelle planète.

Je me suis sentie comme une petite fille qui découvre que ce n’est pas si mal, copier.

Womb, c’est plonger nu dans les vagues et ne pas avoir froid.

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