Un jeune homme, Enoch (Henry Hopper, fils du grand Dennis), s’incruste dans les cérémonies funéraires de défunts inconnus depuis qu’il n’a pu assister aux funérailles de ses parents, victimes d’un accident de la route — il était dans le coma, personne ne croyait qu’il s’en sortirait. Lors de l’une de ces célébrations, Enoch rencontre Annabel (Mia Wasikowska, l’Alice de Tim Burton), jeune fille atteinte d’un cancer incurable. L’amour est instantané, mais nécessairement éphémère. Il ne lui reste que trois mois à vivre.

Synopsis plutôt sombre pour Restless, le dernier Gus Van Sant. Pourtant, ce film est tout sauf noir. Il illumine.

Restless est un film sur l’anticipation. Sur le deuil. Sur la bonté, la dévotion d’un jeune homme qui accompagne sa petite amie vers la mort. Une réflexion à propos de la vie, nécessairement à propos de la mort, aussi. C’est un film qui marque, qui hante, un peu comme ce fantôme/mémoire américaine/ami imaginaire — son utilité est floue, mais sa présence semble nécessaire — qui tient compagnie à Enoch : Hiroshi, pilote d’avion kamikaze romantique. Un personnage-clé qui donne accès à ce qui reste d’enfance chez les personnages, à ce dont découle l’histoire américaine (et, de surcroît, mondiale). Les petits drames particuliers, mis en parallèle avec les grands de l’humanité. Doucement. Sans heurts.

Annabel se considère naturaliste. Amante de Charles Darwin et de sa théorie de l’évolution. Des oiseaux, surtout marins — ce chapitre qu’elle affectionne tant, qu’elle mémorise, qu’elle revoit encore et encore. Qui s’adaptent dans n’importe quel environnement, n’importe quelle situation. La mer, la terre, les airs. Et de cet insecte, le scarabée charognard, qui, en plus de s’accoupler sur un cadavre, prendrait soin de ses enfants, creusant un trou près de la  charogne pour les protéger, les nourrissant à même les restes. Il y aurait tant de parallèles à faire entre ses penchants pour cette nature spécifique et sa situation. Leur situation. Annabel, birdie, petit oiseau, sereine devant la fin qui approche, redonne le goût de vivre à Enoch. Leur enfant dans la mort, c’est la vie. La renaissance. C’est l’espoir. C’est la grâce.

Un film sucré, qui contrebalance la thématique acidulée.