Pourtant d’ordinaire très attirée par les films de Pixar, Brave, allez savoir pourquoi, ne me tentait pas vraiment.  Peut-être était-ce dû au manque de battage médiatique entourant la sortie du film ou à une lacune d’informations de ma part, toujours est-il que j’ai assisté à son visionnement sans aucune attente.  Laissez-moi vous dire que ma surprise a été grande lorsque j’ai constaté avec ravissement que ce dernier film de Pixar est certainement à la hauteur des réalisations passées de ce grand studio.  Sans être aussi bon que Finding Nemo ni aussi marquant que les trois films de Toy Story, Brave n’en demeure pas moins un incontournable des sorties estivales, selon moi bien meilleur que certains des précédents longs métrages du renommé studio.

Prenant place en pleine période médiévale, au cœur de l’Écosse, Brave nous propose l’histoire de Merida (Kelly Macdonald), une jeune princesse aux allures de rebelle, un peu garçonne, qui adore s’adonner au tir à l’arc, aux balades à cheval et aux excursions en forêt, bref à toutes ces activités non seyantes aux princesses de sa condition.  Vivant entourée de ses jeunes frères triplés, de l’homme rustre, puéril et enjoué qu’est son père le roi Fergus (Billy Connolly), et rigidement encadrée par sa très astreignante mère Elinor (Emma Thompson), Merida devra faire face à une épreuve à laquelle elle ne se sent pas prête du tout : ses fiançailles.  C’est dans une atmosphère complètement chaotique que les prétendants, les premiers nés des trois seigneurs voisins, viendront concourir pour gagner la main de l’indomptable rouquine, sous l’œil du débonnaire roi et de sa disciplinée reine.  Cependant, loin d’être résignée à son sort, la jeune princesse décidera de faire appel à cette vieille sorcière défraîchie habitant la forêt qui lui offrira un sort qui, on s’en doute, se retournera contre elle.  Loin d’être sortie de son impasse, Mérida devra alors tout faire pour contrer le maléfice qu’elle aura jeté avant qu’il ne devienne irréversible.

C’est dans une ambiance écossaise jusqu’au bout des doigts que Pixar nous plonge dans ce conte classique, cette fois-ci sans aucun prince pour venir appuyer cette héroïne prenant des allures de femme indépendante et moderne.  Brave nous propose tous les clichés propres à l’Écosse : des cornemuses aux lévriers gris, des kilts à l’accent écossais si reconnaissable (en V.O.).  Cet amalgame de stéréotypes, loin de faire sourciller, vient nous immerger complètement dans un univers festif qui ne fait que nous le rendre plus attachant et caricatural.

Brave est un film qui a beaucoup d’humour.  Loin d’insérer des blagues « pour adultes » à la manière de Shrek, on se concentre davantage sur un humour de situation qui fait autant rire les enfants que leurs parents.  Tous les personnages masculins, que ce soit le roi ou les polissons ambassadeurs des royaumes en visite, sont exubérants et excessifs, et provoquent la majorité des moments cocasses du film.  Ajoutant beaucoup d’humour, leur personnalité rafraîchissante vient tempérer le sérieux des rapports plus graves de la reine avec sa fille.  Dotée d’un caractère belliqueux, cette joyeuse bande de voyous à l’allure caricaturale n’attend que le moment opportun de se battre.  Dans cette ambiance explosive où les immodérés hommes saturent leur conduite d’actes impulsifs et extravagants, on assiste à autant de fraternité que de rivalité.  Autant le dire tout de suite, je n’aime habituellement pas les rôles de « faire-valoir » où la seule utilité des personnages est d’ajouter des touches comiques à l’histoire, rôles dans ce cas-ci endossés par les triplés.  Cependant, je dois dire que Brave contourne ce qui fait que ces rôles sont souvent ennuyeux et prévisibles, et présente cette attachante petite marmaille d’enfants au jeu muet dont la seule ambition est de jouer les trouble-fêtes.

Bien que s’adressant d’abord aux enfants, certaines scènes de Brave peuvent être effrayantes pour les tous petits.  La rencontre inopportune de Merida avec un gigantesque ours assoiffé de sang ne devrait pas manquer de troubler les plus jeunes dans l’auditoire (il a d’ailleurs semblé déranger ma toute petite voisine).  Cependant, même si les ours se montrent effrayants, Brave contourne une belle occasion d’ajouter un peu de dramatique à sa sauce écossaise en incorporant une grotesque sorcière à son histoire.  Loin de sembler légitime, ce personnage de bonne femme, bien qu’amusant, s’intègre plutôt mal à l’ensemble.  Plus que secondaire, on ne la voit que très peu, et elle tranche trop avec l’univers médiéval de contes et légendes sans lequel ce film nous plonge.  Peut-être aurait-elle eu avantage à nous être présentée de manière plus traditionnelle et moins ridicule afin de mieux s’harmoniser à cet environnement moyenâgeux…

Brave, en bon film familial, suscite de belles émotions, nous faisant passer du rire aux larmes, de l’étonnement au contentement.  Très facile à suivre pour les plus jeunes, il ne perd jamais de vue son vrai public, les enfants.  Bien qu’on ait encore droit à cette technologie embarrassante qu’est le 3D, il n’en reste pas moins que les images sont époustouflantes.  Et, comme un film de Pixar se doit de bien se terminer, n’ayez crainte malgré le dénouement qui réussi à nous faire douter qu’on parviendra indemne à l’épilogue.  Rassurez-vous, la morale et la fin heureuse étant des incontournables, Brave n’est pas là pour changer les traditions !

À voir en introduction, un nouveau court métrage des studios Pixar nommé La Luna, très poétique et toujours très mignon.

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